Catégories

Profil

  • : lakesys la bohémienne sans roulotte
  • lakesys-la-bohemienne-sans-roulotte
  • : Femme
  • : 18/03/1903
  • : 47 000
  • : Marseille Agen originalité
  • : Fondatrice avec les éditions du Bord du Lot, de l'association "Mancie-Passion" : www.Mancie-Passion.fr Peinture : www.drouot-cotation.org

Présentation

Publicité

Mercredi 17 septembre 2008
    Quand j'étais petite, je me disais : "quand je serai grande, je serai bohémienne, j'aurai une roulotte verte avec des volets en bois rouges. Je calerai à l'entrée un escalier en planches à trois marches. Près de ma roulotte, il y aura toujours un feu, couvant au creux d'un rond de grosses pierres; Sous la cendre, je ferai cuire des patates, j'adore les patates chaudes". J'ai parlé de mon projet à ma grand-mère, elle a dit :
-Mais tu ne peux pas être bohémienne, ça  n'est pas un métier, tu sera institutrice ou jardinière d'enfants.
Mais quand j'étais petite je ne voulais pas devenir un métier, je voulais juste être bohémienne.
-Et comment feras-tu pour vivre disait ma tante ?
Pour vivre , je respirerai quelle bonne blague ! Elle confondait vivre et gagner de l'argent, j'avais remarqué que c'était chose courante chez les adultes.
Pour gagner de l'argent, je vendrai des paniers d'osier, de la dentelle et des boutons de toutes les couleurs.
Je lirai la bonne aventure, au creux des mains calleuses des paysannes. Ce serait simple et facile.
Pour habiter avec moi dans ma roulotte, je trouverai un bohémien, gentil et vigoureux qui me ferait trois garçons costauds.
Je savais que nous serions très heureux mon bohémien, mes garçons et moi.
Je voyais déjà les bouquets de fleurs des champs posés sur la table, dans un pot de terre. Mes deux chats dormiraient toute la journée sur les banquettes en tissu bariolé de ma roulotte. Mon chien me rapporterait toujours les bâtons que je lui lancerait.
Le soir, en famille, nous ferions des concours de ricochets au bord de la rivière.
J'ai toujours été forte au concours de ricochets. Je sais exactement comment lancer le caillou, pour qu'il frôle la surface de l'eau, par bonds successifs afin qu'elle frissonne en rond, en écho à mon geste.
Quand je serai grande...Je me voyais, portant de longues jupes à volants, avec des claquettes rouges, pour marquer mon pas vif.
J'imaginais les foulards à pois dans lesquels j'enroulerais mon chignon roux.
Je savais que lorsque je serai bohémienne, il ferait toujours soleil et malgré la canicule, l'herbe resterait verte, très verte. Il y aurait aussi des hivers drus, avec de la neige fraîche qui ne se transformerait pas en bouillasse dégueulasse. On dormirait tous, le nez enfoui dans des édredons de plumes douillets.
On se raconterait des histoires à dormir debout et on s'amuserait de tout et de rien, de tout ces riens qui perlent la vie.
Mes parents se demandaient ce "qu'ils feraient de moi plus tard";
-Elle n'a que des premiers prix dans les matières qui ne servent à rien disait ma mère : dessin, rédaction, chant et gymnastique ! c'est un comble !".
Absorbée par la lecture de "Vingt mille lieues sous les mers", je faisais semblant de ne pas entendre.
Mon père haussait les épaules d'un air distrait :
-Plus tard, c'est plus tard, on verra bien !
J'avais envie de les rassurer mais je n'osais pas car moi j'aurais pu leur dire,
"Ne vous en faites pas les parents, quand je serai grande, je serai bohémienne, et j'aurai une roulotte verte avec des volets rouges..."
F.B-M











 
Par lakesys la bohémienne sans roulotte - Publié dans : écriture - Communauté : Revue poésie et nouvelles
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Derniers Commentaires

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus